La mystérieuse origine du mot thé

Publié le par Françoise Grenot-Wang

Les Miao et les Yao cultivent des théiers pour leur consommation personnelle. Cette production est très ancienne dans la région. Le mot thé en Miao se prononce « Ti », alors qu’en chinois, on utilise le mot Cha (thé) ou Chaye (feuilles de thé). Les Yao, eux-mêmes producteurs de thé, utilisent un mot qui ressemble beaucoup au « Cha » des Chinois. Or, curieusement, les Anglais, au lieu de reprendre le mot chinois qui se prononce « Tcha » ou « Tchaï », à l’instar des Russes, des Arabes, des Perses, des Indiens et de beaucoup d’autres pays d’Asie et du Moyen-Orient, utilisèrent un mot dont la prononciation est exactement semblable à celle du mot Miao « Ti » pour l’angliciser en « Tea ».

Au début de la colonisation de l’Inde, alors que le thé n’était pas encore cultivé dans ce pays, les Anglais commencèrent à acheter leur thé en Chine du sud à des intermédiaires du Guangdong qui l’achetaient eux-mêmes dans cette partie de la Chine du sud, encore largement habitée par les minorités ethniques, dont les Miao, où le thé était produit, entre autres par les Yao. Il est fort possible que le mot Miao « Ti » ait effectivement servi d’appellation commune du thé. J’ai pu vérifier, lors de visites chez les Miao du sud-est du Guizhou, que le mot thé était également prononcé « Ti » dans tous ces villages, alors que le mot pour dire « riz » était différent d’une région à l’autre. En effet le riz n’était pas commercialisé, on le produisait pour le consommer sur place, alors que le thé circulait d’une région à l’autre.

  Post-scriptum : Cet article a entraîné les protestations amicales de nombreux spécialistes disant que le mot thé est issu d'un dialecte chinois du sud du Fujian (parlé également à Taiwan), le minnanhua. C'est la version officielle de l'origine du mot thé, mais je persiste dans mon idée d'une origine autre que chinoise, plus ancienne, en raison de mes observations sur le terrain.
Les Miao et les Yao sont de très anciens cultivateurs de thé. Les Yao en consomment
quotidiennement beaucoup plus que les Miao. Les Yao ont tous un théier dans leur potager et dans leur maison une marmite pleine de thé à la disposition des habitants et des visiteurs. Les Miao conservent le thé en boulettes séchées comme au Yunnan, alors que les Yao le font sécher au soleil ou fumer au dessus de leur foyer, sous forme de feuilles.

Publié dans minorités ethniques

Commenter cet article

tcha tomy 24/04/2008 12:40

en france mes parents (miao hmong) ainsi que beaucoup de hmong boivent encore des tissanes faites d'herbes sauvages... qu'on trouve sur les bords des chemins ou dans les champs... c'est très désaltérant et ça à meilleur goût qu'on pourrait le croire... à na pas essayer si vous ne voulez pas faire la cueillette chaque année...lol