Infanticides

Publié le par Françoise Grenot-Wang

Je marchais hier en direction d’un village Dong de la région. Une femme me rejoint et marche avec moi en bavardant. Elle est Dong, mais parle chinois d’une façon compréhensible.  Elle est la sage-femme du village. Elle me raconte que les femmes accouchent encore pour la majorité d’entre elles à la maison, car elles craignent, si leur premier enfant est une fille, de mettre au monde une deuxième fille, perdant la chance d’avoir un garçon, puisque la politique de contrôle des naissances limite à deux enfants le nombre des naissances chez les minorités ethniques. Je lui demande alors comment font celles qui ont une deuxième fille.

- J'ai entendu parler d’infanticides, mais personne n’a jamais reconnu ce fait clairement. J’ai été frappée
que dans certains villages, toutes les familles ont un garçon et une fille. Comment font-elles ?

- Certaines vont faire une échographie à l’hôpital. Normalement les médecins n’ont pas le droit de dire le sexe de l’enfant, mais il y a des médecins qui se laissent soudoyer. Dans le cas de grossesse d’une fille, la mère pratique un avortement. Les avortements faits tardivement sont très douloureux et cette pratique est moins courante que l’infanticide.

- Avez-vous assisté à des infanticides ?

- Oui, me répond la sage-femme, très souvent. La petite fille nouvelle-née est plongée dans le seau d’excréments, ou bien on lui fait ingurgiter de l’alcool de riz. Elle est ensuite enterrée à l’abord du village.

- Dans ce village, c'est une pratique courante ?

- Oui, ils le font tous. L’envie d’avoir un garçon est si forte qu’ils ne veulent pas d’une deuxième fille. Ils perdent la chance d’avoir le garçon, ou alors il faudra payer une très lourde amende pour le troisième enfant.

- Maintenant le monde change, pourquoi tiennent-ils tant à avoir un garçon ?

- Parce que c’est leur propre survie qui est en jeu. Sans garçon à la maison, les vieux parents n’ont aucune aide, aucun moyen de survivre. Les filles partent se marier dans une autre famille et ne peuvent plus aider leurs propres parents.

Publié dans minorités ethniques

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anne 27/04/2008 08:54

témoignage émouvant qui montre bien le long chemin a parcourir avant la libération de la petite fille, de la femme, et d'un avenir sécurisant pour les gens a leurs grand âge ;!!!

les coutumes comme la dote sont aussi a enrayer , pour cela seul une éducations sur plusieurs générations seront nécessaire ici mais aussi dans le monde, notamment en inde ou se même problème existe, la petite fille étant elle aussi destiné a êtres la proprièter de ses beaux parents , donc couteuse pour les parents déja très pauvre ;

Françoise Grenot-Wang 30/04/2008 08:06


Merci Anne de votre compréhension des problèmes des Miao.
J'espère que vous voudrez bien aider une de ces fillettes à aller à l'école par l'intermédiaire de l'association Couleurs de Chine.
Françoise