Peinture de cérémonie des Yao

Publié le par Françoise Grenot-Wang

Chaque famille Yao possède une série de dix-huit peintures sur rouleau, réalisées par des maîtres-artistes sur le papier artisanal fabriqué à la maison par les Yao et à l’aide de pigments de couleur naturels. Ces peintures sont utilisées principalement pour la grande cérémonie d’initiation des jeunes garçons et lors des funérailles. Ces peintures sont roulées ensemble dans un panier en vannerie, accroché près de l’autel des ancêtres.

Il faut deux mois pour réaliser une série de peintures, chacune d’elles étant une incarnation des divinités.

Elles représentent des divinités taoïstes : les trois Purs célestes, les trois Généraux célestes sur leurs chevaux de bataille, les Maréchaux célestes, les Ancêtres, l’Empereur de Jade, l’Empereur du ciel et l’Empereur du pôle nord du ciel, les seigneurs de la Grande ourse et de la Petite ourse, les Trésoriers des richesses et des émoluements, le Destructeur des maladies, le Tigre blanc de la Porte du ciel, les trois Immortelles dragon-phénix, Tête de Cheval et Tête de buffle, annonciateurs de la mort, qui emmènent les âmes devant les juges du 10e tribunal des Enfers, les deux Maîtres célestes, le maître des saints, les sept Fonctionnaires, ….

D'autres peintures sont plus spécifiques de la religion Yao, et dépeignent les rituels initiatiques qui permettront de la cérémonie « Guadeng » dirigée par un maître instructeur qui montre aux jeunes garçons initiés comment marcher sur le Pont des 7 étoiles (la Grande ourse), et lui apprend les formules magiques. Ils doivent jeûner une semaine et se soumettre aux trois ordres, rendre visite aux Patriarches du Meishan, à la Porte du Pavillon haut du milieu du ciel, apprendre les incantations des Trois purs. Ils entrent en catalepsie.  Cette cérémonie permet de gagner des esprits-soldats qui protègent la famille.

Quatre rouleaux de petite taille représentent la migration des Yao à travers la mer déchaînée et la protection du dieu-roi chien Panhu qui leur a permis de regagner la rive sains et saufs.

Un long rouleau horizontal appelé le Pont du dragon du Grand Tao représente la procession des dieux qui accompagnent l’âme du mort, représenté dans une chaise à porteurs. Ce rouleau symbolise le pont entre ce monde et l’autre monde.

D'après Lemoine, Jacques. Yao ceremonial paintings.

Publié dans ethnologie

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yaomaster 16/09/2008 10:04

Ce que je voulais vous dire c'est qu'il n'existe pas une loi pour le nombre de peintures.
L'erreur vient de ce que la plupart des mien de Thailandeutilisent aujourd'hui des séries stéréotypées de 18 peintures et que lemoine dans son ouvrage déjà daté a pris pour argent comptant ces séries qui ne se sont fixées que tardivement.
En effet les peintures issues de séries Mien anciennes montrent de nombreuses variantes,on peut ainsi avoir des peintures représentant en grand des maréchaux qui d'ordinaire n'apparaissent que dans la partie inférieure de Tang ou Ciao.On peut trouver des peintures du respect du jeune en grand format alors que d'ordinaire ce sont des petits formats,mais aussi une peinture représentant le trésorier de gauche et celui de droite sur une méme peinture alors qu'ila sont d'habitude en bas des peintures représentant les gouverneurs ou préfets des quatre mondes.Ceci dit dans toutes les séries Mien l'enfer regroupe les dix tribunaux et non le dixiéme comme vous l'avez écrit.Les séries moun en revanche possédent dix peintures différentes pour les dix tribunaux et parfois 5(2 par 2 comme dans les peintures Zhuang)

Françoise Grenot-Wang 21/09/2008 12:46


Merci beaucoup pour ces précisions très intéressantes. J'espère avoir un jour l'occasion de vous rencontrer.


Yaomaster 23/06/2008 14:58

Cet article pour intéréssant qu('il soit comporte beaucoup d'erreurs et d'approximations sur les peintures.Non toutes les familles Yao n'ont pas de séries de peintures:seuls les prétres en possédent.Non toutes les séries ne comprennent pas 18 peintures il y en parfois 17 parfois 19 ,parfois seulement quatre,cela dépend du degré d'initiation .
Nombreuses erreurs dans les personnages représentés pourtant parfaitement décrit dans l'ouvrage de Lemoine.Il n'ya qu'une seule peinture qui fait référence à la traversée mythique.Il existe plusieurs sortes de peintures Yao celles des Mien dont on parle et celles des Mun qui offrent de nombreuses différences.Ce n'est pas du dixiéme tribunal de l'enfer dont il s'agit sur la peinture mais des dix tribunaux.Je ne trouve pas sain de donner des informations sur un sujet mal maitrisé

Françoise Grenot-Wang 25/06/2008 01:40


Bonjour. Merci pour vos critiques qui sont certainement fondées pour d'autres pays où vivent des Yao, mais je suis désolée de vous contredire sur un point. Dans les villages Pan Yao (Mien) de la
région où je vis depuis ans, chaque foyer possède une série de 18 peintures, roulées dans un panier accroché à côté de l'autel des ancêtres. Pour décrire le contenu de ces peintures je me suis
appuyée sur l'ouvrage de Lemoine. Je serais ravie d'avoir d'autres sources pour l'explication de ces peintures car celles de Lemoine ne me satisfont pas totalement.


anne 20/06/2008 08:28

c'est très intéressant, on retrouve un peu du yi king ou l'empereur est un personnage central, le jade dans le chaudron ou les anses en jades sont très précieuses ;

les yao sont un peu comme les tibétains qui on lier au bouddhisme venu d'inde leurs ancienne religion , avec des oracles qui sous la puissance d'un esprit prédise l'avenir le dalaï lama a recourt encore aujourd'hui a son oracle, le faite de voler, de supporter le froid au point de réchauffer une serviette mouiller a moins 30 degrés et nu en dessous etc......avec la force de son esprit ou le corps séche la serviette ;

alexandra david neel explique bien tout cela .dans son livre mystique et magiciens du tibet ;
les yao sont bien évidement différent mais il y as un fond commun me semble t'il, dans les deux cas et dans toutes les religions de chine, inde himalaya fort passionnant ;

se petit reportage sur les croyances yao est leurs peintures est très intéressant et passionnant ;

merci anne