La vie est dure au collège

Publié le par Françoise Grenot-Wang

Aujourd'hui, deux collégiennes Miao sont  venues me rendre visite. En bavardant, elles m'ont raconté leurs difficultés. Je leur ai demandé d'écrire sur un papier leur petite histoire. Voici ce que chacune d'elle m'a écrit :

"Je m’appelle Wei Peifei, j’ai 15 ans, j’étudie en 1ère année au collège de Danian. J’habite le village de Gaoliao. Ma famille est très pauvre. Lorsque j’avais 4 ans, ma mère est morte, mon père est parti travailler au loin. Je vis avec ma grand-mère qui travaille dans la rizière. Chez nous, il n’y a pas assez de riz à manger chaque année. Je ne peux pas apporter du riz chaque semaine au collège. C’est pourquoi je dois rentrer au village de Gaoliao à midi et après le dernier cours qui finit à 10h du soir. Le matin je me lève à 5h pour partir au collège à pied. Ma grand-mère me donne 10 yuan par semaine qui me permettent de manger 2 baozi (pain farci cuit à la vapeur) le matin avant d'aller en classe. Ma grand-mère est âgée, elle a 73 ans. Quand je suis au collège, je ne mange pas à ma faim car je n’ai pas d’argent pour acheter le riz et les légumes."

"Je m’appelle Song Peirang, j’ai 15 ans, j’étudie en 1ère année au collège de Danian. J’habite le village de Yala. Ma famille est très pauvre. A la maison, il n’y a pas d’argent. J’ai seulement 10 yuan par semaine pour acheter le riz à l’école. Chaque semaine, il faut 3,4 yuan pour acheter des légumes, lorsque je n’ai pas d’argent pour acheter du riz j’en emprunte aux autres pour donner à la cuisine du collège qui fait cuire le riz. A la maison, il y a 2 petites sœurs et 1 petit frère. La plus grande de mes deux sœurs est partie travailler au Guangdong à l’âge de 13 ans. Elle ne voulait plus étudier à l’école de Gaoliao, parce que les autres élèves mangeaient à leur faim mais pas elle. Elle ne pouvait acheter la soupe de nouilles comme certaines autres de ses camarades. Mon autre petite sœur et mon petit frère vont à l’école primaire. Je suis contente d’étudier mais depuis que je suis petite je n’ai pas d’argent pour ma vie quotidienne, notre famille est la plus pauvre du village. Le matin je n’ai pas d’argent pour payer le petit déjeuner, le soir je ne peux pas manger à l’école non plus. C’est très difficile pour moi."

Publié dans minorités ethniques

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ticolporteur 05/07/2008 22:40

Bonjour,
Je suis trés touchée par ces témoignages étant moi même marraine à plusieurs reprises. Une question me vient donc à l'esprit : combien faudrait-il comme somme d'argent pour que Wei Peifei et sa grand mère mangent à leur faim ? Sinon existe-t-il au collège une cantine et à quel prix ?

Françoise Grenot-Wang 06/07/2008 03:15


Merci de votre souci pour ces petites filles des régions montagneuses de Chine. L'association Couleurs de Chine donne une aide pour la vie quotidienne à celles qui en ont le plus besoin. Vous
pouvez nous aider par un don de soutien à l'association, en la faisant connaître autour de vous pour trouver des parrains, des mécènes. Il y a beaucoup de filles comme Wei Peifei dans la région des
Grandes montagnes Miao. Au réfectoire du collège, on se contente de faire cuire le riz apporté chaque semaine par les élèves. S'ils n'ont pas d'argent, ils ne mangent que du riz.