Avortement fatal

Publié le par Françoise Grenot-Wang

Elle s'appelle Gun Meiying, elle a 12 ans, elle a un petit frère et une petite soeur. Aujourd'hui, quand je l'ai rencontrée, elle me souriait, mais il y avait des larmes au fond de ses yeux.
En mai dernier, sa mère s'est trouvée enceinte. Elle était terrorisée à l'idée de l'amende énorme qu'il lui faudrait payer au planning familial pour cet enfant en surnombre. Les Miao, comme les autres minorités n'ont droit qu'à deux enfants.
Elle a pris des plantes médicinales qu'elle s'est administrée elle-même pour avorter. Elle a été prise de douleurs terribles et son mari l'a emmenée à l'hôpital, mais à mi-chemin de celui-ci, dans l'autobus, elle est décédée ainsi que l'enfant qu'elle portait. Gun Meiying est une bonne élève qui a été sélectionnée pour entrer dans la classe des minorités du canton où sont regroupés les meilleurs élèves des villages. Mais suite au décès de sa mère, elle est revenue faire sa 6e année à l'école primaire de son village. Son père ne peut plus prendre en charge ses frais de vie quotidienne. Les trois enfants continuent malgré tout leurs études. Voilà le résultat d'une politique débile de planning familial, qui ne tient pas compte des coutumes et des problèmes spécifiques des minorités ethniques.

Publié dans minorités ethniques

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