Le journal de Jia Huadeng

Publié le par Françoise Grenot-Wang

Il y a un mois, Jia Huadeng m'a proposé de lire son journal. Je l'ai feuilleté et j'ai trouvé qu'il y avait de très beaux passages sur sa vie de lycéenne.
En voici un premier extrait que je viens de traduire.

Maman dans le brouillard.
Maintenant, quand je suis dans le brouillard, je pense à ma maman. Cette année, j'ai passé la fête de la mi-automne à la maison. Mais le 15 septembre, j'ai dû repartir au lycée. Ce jour-là, à 5h du matin, alors que le ciel s'éclaircissait à peine, maman et moi nous sommes parties de la maison, marchant à pas rapides sur le sentier. Maman marchait devant moi, portant mes affaires sur une palanche, sans dire un mot. On ne voyait presque pas devant soi tant le brouillard était épais. Le sentier était détrempé par la pluie de la veille, maman glissa sur le chemin et s'étala de tout son long. Je m'empressai de l'aider à se relever et de ramasser les objets dispersés. Je lui dis de me laisser les porter, surtout que ma mère n'a pas une très bonne vue. Mais elle me dit fermement : "Ce n'est rien" et me repris les objets des mains. Puis nous repartîmes pour notre marche au travers de l'épais brouillard. Doucement, ma mère me dit : "Deng, le matin dans le bus il fait froid, il faut bien te couvrir..." Quand je suis au lycée, je pense souvent à ma famille. En pensant à ma mère, je verse parfois des larmes. En la voyant marcher ainsi dans le brouillard, j'ai encore moins envie de la quitter. Nous finîmes par arriver au bourg, alors que l'autocar pour Liuzhou s'apprêtait à partir. Maman m'aida à mettre mes affaires dans l'autocar, me recommandant de faire attention à ma santé, d'être économe, de bien surveiller mes affaires. Je lui répondis en inclinant légèrement la tête tout en montant dans l'autocar, qui démarra lentement. Je regardai la silhouette de ma mère s'éloigner peu à peu, puis disparaître dans l'épais brouillard. Sans m'en rendre compte, mon visage était inondé de larmes. Ce souvenir restera pour toujours au fond de mon coeur, celui de ma maman dans le brouillard.

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junguilin 30/10/2008 15:30

Quel beau texte montrant l'amour réciproque de la mère et de la fille. Et le brouillard correspond tellement bien à l'idée... Envoie nous d 'autres parties de son journal, c'est sympa, merci!

Chantal 28/10/2008 08:29

C'est très émouvant. l'amour des mères est universel. Comme cette maman doit être heureuse de voir sa fille déjà si loin dans les études,dans un monde totalement différent du sien. On la sent un peu inquiète, mais elle la soutient fermement. Et les papas, comment réagissent-ils ?

Françoise Grenot-Wang 29/10/2008 08:08


Les papas sont plutôt attachés à leur fils, les filles sont vouées à partir de la famille quand elles vont se marier, c'est pourquoi, avant les parrainages de Couleurs de Chine depuis 10 ans,
aucune fille n'allait à l'école. Heureusement, les mentalités ont un peu changé depuis et les filles sont mieux considérées qu'avant.


GIMENEZ 26/10/2008 19:17

Cet article me touche particulierement, parce que,étant élève au college de Pignan, cette jeune fille était ma correspondante. J'espere de tout coeur que tout va bien pour elle.

Françoise Grenot-Wang 28/10/2008 06:49


Merci beaucoup pour votre soutien à cette jeune fille Miao qui est maintenant au lycée. Le collège de Pignan a apporté une aide importante au collège de Danian en offrant dix ordinateurs pour les
élèves.


Graton benoit 21/10/2008 19:55

Voilà une bien jolie histoire ,que je trouve émouvant.C'est beau une fille qui parle de sa mére comme celà.

ana 21/10/2008 14:05

j ai beaucoup aimé ce texte, il faut l incité à continuer d écrire !
merci