
Dans les rizières qui s'étagent du sommet au pied des montagnes, les paysans Miao s'affairent
à la récolte du riz glutineux. C'est le moment où le travail est le plus intense car cette récolte doit se faire rapidement dès que le riz est mûr, sinon les lourds épis vont se coucher dans la
rizière sous l'effet du vent et risquent de pourrir si on attends trop longtemps.

Pendant que les adultes et les grands enfants
travaillent du matin jusqu'au soir, les petites filles encore trop jeunes pour aider à la récolte, jouent sur les pentes de la montagne, font des bouquets de fleurs et viennent nous les offrir en
riant aux éclats.
Par Françoise Grenot-Wang
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Les épis de riz commencent à pointer dans le vert des rizières. La petite Yigo, après s'être baignée avec les autres enfants de son village dans la rivière, coupe de l'herbe pour nourrir la vache
de sa famille. C'est ainsi que les enfants Miao passent leur vacances.
Deux vieilles fe

mmes Miao m'entraînent à l'intérieur d'une maison.
Elle me montrent de drôles de boules recouvertes d'un duvet blanc.
- C'est avec ce ferment que nous faisons l'alcool de riz, me disent-elles.
- Et à partir de quoi ce ferment est-il fabriqué?
- Avec l'écorce du riz que l'on a décortiqué pardi !
Les vieilles Miao sont écroulées de rire devant mon ignorance crasse. Décidément on apprend tous les jours quelque chose de nouveau dans le pays Miao!
L'alcool de ri

z peut-être fabriqué de deux façons différentes :
par fermentation simple ou fermentation avec distillation.
La fermentation consiste à mettre du ferment dans le riz cuit et à laisser le riz se décomposer dans un récipient fermé. Au bout d'une dizaine de jours on obtient un sirop épais et très sucré :
c'est ce que l'on appelle vin de riz sucré (
tianjiu en chinois). L'autre méthode consiste à faire fermenter le riz cuit dans des jarres simplement couvertes, d'ajouter une certaine
quantité d'eau et de faire cuire ce riz fermenté dans un alambic dans lequel la vapeur d'alcool est refroidie en passant par un tuyau dans un récipient d'eau froide, donnant l'alcool de riz.
Ganbei ! (cul sec!)
Par Françoise Grenot-Wang
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Un mois après le repiquage il faut aérer les racines en remuant la boue de la rizière. Les paysans Miao ajoutent une sorte d'engrais fait avec le reliquat de pressage des noyaux d'huile de camélia.
Cet engrais a également des vertus insecticides, mais il faut faire attention à ce qu'il ne tue pas

les petits poissons.
C'est pourquoi il faut extraire de la rizière tous les petits poissons qu'ils élèvent en vue des grillades de la récolte d'automne.
C'est dimanche. Comme elles ne vont pas à l'école les petites filles Miao viennent aider leurs grands-parents à récupérer les petites carpes dans la rizière.
Pour les remercier la grand-mère fait griller des maïs fraichement récoltés sur le feu de bois.
Et elles se régalent...
Par Françoise Grenot-Wang
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Amélie, l'in

stitutrice Miao, et ses soeurs ont enfin terminé le repiquage. Après avoir
travaillé des journées entières courbées sous un soleil de plomb, elles peuvent enfin célébrer la fête du riz nouveau. Cette fête réunit les villageois qui ce jour-là reçoi

vent toute la famille pour un repas de fête. Puis sous la direction du "zhailao", le
chef spirituel du village, tous se rendent sur la place centrale, chacun apportant une part de riz cuit et de viande. Ces mets sont mis en commun dans un grand panier dont tous viennent ensuite
partager le contenu. Pendant ce temps, les anciens se réunissent dans un lieu sacré pour faire des prières aux esprits afin qu'ils protégent le village des calamités, qu'ils assurent une abondante
récolte, qu'ils apportent la prospérité.
Enfin, les visiteurs repartent, chargés chacun par la famille qui l'accueille d'un bloc de riz cuit emballé dans une feuille de taro, noué par une corde en paille de riz, accompagné d'un morceau de
viande ou de poisson. Emballage végétal, sans rejets polluants, hélas en voie de disparition...
Par Françoise Grenot-Wang
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En ce début de juin, dans les montagnes Miao,les pentes sculptées en terrasses sont remplies de monde. C'est la période du repiquage

des plants de riz, que l'on transporte de la rizière où l'on a fait les semis pour les replanter à espacements plus larges.
On dirait qu'ici le temps s'est arrêté.
Sur les peintures d'époque Ming, décrivant les coutumes des anciens Miao, on voit que les mêmes gestes se répètent, une année après l'autre, un siècle après l'autre, dans une harmonie parfaite
entre l'homme et la nature.
Le riz "gluant" traditionnellement cultivé par les paysans Miao avec le fumier comme engrais est un produit d'agriculture purement biologique, d'une grande richesse nutritionnelle. Mais son
rendement est insuffisant, dans une région fortement peuplée dont les terres cultivables sont limitées à un are environ par personne. Il faut 300 kg de riz par personne et par an pour assurer
l'autosuffisance alimentaire, sachant qu'en montagne on ne fait qu'une récolte par an, les paysans Miao manquaient de riz chaque année.
C'est pourquoi le gouvernement chinois a encouragé la culture d'une forme de riz hybride qui rend les paysans dépendants des fournisseurs de graines, d'engrais chimiques et d'insecticides, ce
qui représente une menace pour la santé des animaux domestiques, de la pisciculture en rizière, et pollue la nappe phréatique.
Par Françoise Grenot-Wang
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