Infanticides
- J'ai entendu parler d’infanticides, mais personne n’a jamais reconnu ce fait clairement. J’ai été frappée
que dans certains villages, toutes les familles ont un garçon et une fille. Comment font-elles ?
- Certaines vont faire une échographie à l’hôpital. Normalement les médecins n’ont pas le droit de dire le sexe de l’enfant, mais il y a des médecins qui se laissent soudoyer. Dans le cas de grossesse d’une fille, la mère pratique un avortement. Les avortements faits tardivement sont très douloureux et cette pratique est moins courante que l’infanticide.
- Avez-vous assisté à des infanticides ?
- Oui, me répond la sage-femme, très souvent. La petite fille nouvelle-née est plongée dans le seau d’excréments, ou bien on lui fait ingurgiter de l’alcool de riz. Elle est ensuite enterrée à l’abord du village.
- Dans ce village, c'est une pratique courante ?
- Oui, ils le font tous. L’envie d’avoir un garçon est si forte qu’ils ne veulent pas d’une deuxième fille. Ils perdent la chance d’avoir le garçon, ou alors il faudra payer une très lourde amende pour le troisième enfant.
- Maintenant le monde change, pourquoi tiennent-ils tant à avoir un garçon ?
- Parce que c’est leur propre survie qui est en jeu. Sans garçon à la maison, les vieux parents n’ont aucune aide, aucun moyen de survivre. Les filles partent se marier dans une autre famille et ne peuvent plus aider leurs propres parents.