
Entre le Guizhou et le Guangxi, la frontière est
floue car les montagnes recouvrent uniformément une vaste région, les grandes montagnes Miao. Traversée par le fleuve Duliujiang et ses nombreux affluents, cette région est la dernière où à chaque
instant on rencontre des femmes portant des costumes traditionnels et des coiffures splendides, que l'on voit les habitants vivre de façon identique à leurs ancêtres, ou à peu près. C'est ainsi que
récemment au détour d'une route, j'ai découvert un pont de bateaux, ouvrage éphémère mais d'une grande esthétique. Les charettes à cheval convoyant les matériaux de construction sur le chantier de
l'autre rive, conduits par des femmes Miao le chignon piqué d'une épingle d'argent, tout cela semblait sortir d'une reconstitution historique des grands travaux du temps des empereurs de l'ancienne
Chine.
Par Françoise Grenot-Wang
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Par Françoise Grenot-Wang
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Depuis un mois environ, les élèves des écoles
des districts de Rongshui et Sanjiang au Guangxi ont droit à un repas chaud gratuit par jour.

Le gouvernement de Liuzhou a décidé de verser 2 yuan par élève par jour pour assurer ce repas.
C'est une grande amélioration des conditions de vie à l'école pour les enfants qui souvent ne mangeaient à midi qu'une poignée de riz gluant froid apportée de la maison. Même s'il ne s'agit que
d'une soupe de nouilles, parfois bue dans un sac plastique, les enfants sont bien contents de ce cadeau inespéré du gouvernement.
Par Françoise Grenot-Wang
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Les cheveux blancs de Papa
Le 4e jour du 6e mois, les Miao célèbrent la « fête du riz nouveau ». Cette année, Papa est revenu de son lointain travail pour passer la fête avec nous. Rentrée
aussi chez moi, je ne vois pas Papa, je ne vois que Maman et Grand-mère. Je me mets à manger avec appétit, et juste à ce moment-là, Papa apparaît à la porte d’entrée, une cage à oiseau à la main.
« Huadeng, tu es rentrée ! » dit-il joyeusement. Je me tourne vers lui et je sursaute : « Est-ce bien là mon père ? Pourquoi a-t-il tant
vieilli ? » me dis-je au fond de moi. Les cheveux de Papa sont devenus tous blancs. Ses yeux se sont beaucoup enfoncés. Il a maigri. Il marche avec difficulté. Mon père se tue au
travail loin d’ici pour nous faire vivre sans jamais se plaindre. Ses cheveux blancs, c’est aussi pour nous. Ses yeux cernés enfoncés dans leurs orbites, c’est aussi pour nous. L’année entière
loin de son foyer, tout ce qu’il fait c’est pour que nous puissions continuer à vivre.
Maman me dit : « Sais-tu ? Chaque année quand ton père revient passer les fêtes de Nouvel an, il se teint les cheveux en noir juste avant de revenir au village. Cela lui donne un
air plus jeune. » Je n’aurais jamais pensé qu’il puisse se teindre les cheveux pour paraître plus jeune. Cette fois-ci, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? D’abord j’ai pensé que c’était
par coquetterie qu’il teignait ses cheveux, mais ce n’était pas cela. Il voulait garder un état d’esprit jeune pour continuer à travailler dur, pour que nous ses enfants puissions continuer à
étudier dans de bonnes conditions. C’est pour nous que ses cheveux sont devenus blancs. Bien que Papa a vieilli, son sourire n’a pas changé, il a encore l’air jeune.
Journal de Jia Huadeng, 9 juin 2008
Par Françoise Grenot-Wang
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Les paysans Miao du village de Yala ont
terminé la récolte et ont suspendu les gerbes de riz pour les faire sécher pendant deux mois sous le toît de leur maison. Ensuite, il sera entreposé dans une petite pièce et décortiqué au fur et à
mesure des besoins de la famille. On ne peut pas le décortiquer trop longtemps à l'avance, de peur qu'il soit mangé par les charançons. L'écorce du riz est une protection efficace. Certaines
familles gardent encore du paddy (riz non décortiqué) de la récolte précédente et même de l'année d'avant. Lorsque je leur demande pourquoi ils ne vont pas le vendre au marché pour avoir un peu
d'argent, ils me disent qu'ils préfèrent le garder en cas de mauvaise récolte ou autre calamité naturelle. Les habitants des villages des Grandes montagnes Miao, surtout les aînés, ont encore en
mémoire le souvenir cruel des années de famine du "Grand bond en avant", à l'époque de Mao, où plus de la moitié des paysans vivant dans les montagnes sont morts de faim. Certains m'ont raconté
qu'ils étaient alors de petits enfants et ils n'ont pu survivre qu'en têtant le lait des chiennes!
Par Françoise Grenot-Wang
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Plus de cinq ans après le
départ de l'équipe de Médecins sans frontières, qui resta à Danian pendant 5 ans, de 1997 à 2002, et grâce à qui je suis venue vivre en Pays Miao, un système d'assurance maladie est enfin mis en
place dans les villages des Grandes montagnes Miao.
D'après les informations que m'a donné le chef du village de Yala, le remboursement des soins est maintenant de 80%.
C'est une bonne nouvelle pour les paysans Miao qui pourront enfin aller se faire soigner à l'hôpital, à condition de pouvoir payer les cotisations, qui s'élèvent à 10 yuan (1 €) par personne.
C'est ce que MSF avait essayé de mettre en place et n'avait pas réussi, en raison de la faible coopération des autorités de la santé de la préfecture à cette époque. Heureusement, les temps
changent, la Chine s'enrichit et commence à apporter aux plus pauvres l'aide minimale qui leur est indispensable.
Par Françoise Grenot-Wang
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Il y a un mois, Jia Huadeng m'a proposé de lire
son journal. Je l'ai feuilleté et j'ai trouvé qu'il y avait de très beaux passages sur sa vie de lycéenne.
En voici un premier extrait que je viens de traduire.
Maman dans le brouillard.
Maintenant, quand je suis dans le brouillard, je pense à ma maman. Cette année, j'ai passé la fête de la mi-automne à la maison. Mais le 15 septembre, j'ai dû repartir au lycée. Ce jour-là, à 5h du
matin, alors que le ciel s'éclaircissait à peine, maman et moi nous sommes parties de la maison, marchant à pas rapides sur le sentier. Maman marchait devant moi, portant mes affaires sur une
palanche, sans dire un mot. On ne voyait presque pas devant soi tant le brouillard était épais. Le sentier était détrempé par la pluie de la veille, maman glissa sur le chemin et s'étala de tout
son long. Je m'empressai de l'aider à se relever et de ramasser les objets dispersés. Je lui dis de me laisser les porter, surtout que ma mère n'a pas une très bonne vue. Mais elle me dit fermement
: "Ce n'est rien" et me repris les objets des mains. Puis nous repartîmes pour notre marche au travers de l'épais brouillard. Doucement, ma mère me dit : "Deng, le matin dans le bus il fait froid,
il faut bien te couvrir..." Quand je suis au lycée, je pense souvent à ma famille. En pensant à ma mère, je verse parfois des larmes. En la voyant marcher ainsi dans le brouillard, j'ai encore
moins envie de la quitter. Nous finîmes par arriver au bourg, alors que l'autocar pour Liuzhou s'apprêtait à partir. Maman m'aida à mettre mes affaires dans l'autocar, me recommandant de faire
attention à ma santé, d'être économe, de bien surveiller mes affaires. Je lui répondis en inclinant légèrement la tête tout en montant dans l'autocar, qui démarra lentement. Je regardai la
silhouette de ma mère s'éloigner peu à peu, puis disparaître dans l'épais brouillard. Sans m'en rendre compte, mon visage était inondé de larmes. Ce souvenir restera pour toujours au fond de mon
coeur, celui de ma maman dans le brouillard.
Par Françoise Grenot-Wang
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A l'occasion d'une visite au canton de
Baiyun, j'ai pu découvrir un nouveau village, où je n'étais jamais allée. Avec les quelques personnes qui m'accompagnaient, nous étions les premiers étrangers qui venaient dans ce village, les
premiers occidentaux pour ces quelques femmes Yao d'un village assez démuni. Pourtant, à peine entrés dans une maison, elles nous ont fait asseoir sur des petits bancs et l'une d'entre elles s'est
mise à préparer le "youcha", thé à l'huile au riz soufflé qu'elles nous ont servi dans des bols. Sans rien attendre de nous, sans rien nous demander, elles nous ont montré encore une fois la grande
hospitalité des minorités de la région, alors que dans ce village nous n'avons fait aucun parrainage et qu'ils n'avaient jamais entendu parler de l'association Couleurs de Chine. Les Yao, comme les
Miao et les Dong, ont un sens de l'hopitalité inné, qui est le fruit de leurs coutumes ancestrales transmises à travers les générations.

Les Yao de cette région ont comme
autoappellation : Ban. Les femmes portent encore la jupe en coton indigo mais ne portent plus au quotidien le haut de leur costume tradtionnel, trop fragile pour le travail agricole. Elles le
remplacent par un T-shirt acheté sur le marché qui détonne avec leur coiffure somptueuse. Une évolution regrettable vers une modernisation qui ressemble plutôt à une perte d'identité
culturelle.
Par Françoise Grenot-Wang
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Publié dans : minorités ethniques
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J'ai la joie de vous faire part de la naissance de
Lianhe, qui a un mois aujourd'hui, fils de Diyong, ancienne filleule de Couleurs de Chine que j'avais été chercher en voiture avec ses 2 copines dans une usine du Guangdong pour les ramener à
l'école.
Pour ceux qui sont en Chine et ont accès à ce blog et pour ceux qui ont des amis en Chine, l'émission tournée l'année dernière par l'équipe de Tianjin à Danian sera diffusée aujourd'hui 11 octobre,
18h (partie 1) et samedi prochain 18 octobre, 18h (partie 2), sur la chaîne de Tianjin (Tianjin Weishi).
Par Françoise Grenot-Wang
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Dans les rizières qui s'étagent du sommet au pied des montagnes, les paysans Miao s'affairent
à la récolte du riz glutineux. C'est le moment où le travail est le plus intense car cette récolte doit se faire rapidement dès que le riz est mûr, sinon les lourds épis vont se coucher dans la
rizière sous l'effet du vent et risquent de pourrir si on attends trop longtemps.

Pendant que les adultes et les grands enfants
travaillent du matin jusqu'au soir, les petites filles encore trop jeunes pour aider à la récolte, jouent sur les pentes de la montagne, font des bouquets de fleurs et viennent nous les offrir en
riant aux éclats.
Par Françoise Grenot-Wang
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Publié dans : agriculture
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